PotagerAu fil des saisons

Préparer son potager en septembre

Semis d'automne, engrais verts, derniers arrosages : la check-list du mois pour finir la saison sans rien laisser filer.

6 min de lectureDan
Planche de potager en fin d'été : pieds de tomates montés en fin de cycle, courges posées sur un paillage de paille, rangs de poireaux et de blettes derrière, lumière rasante du matin

Septembre est le mois le plus sous-estimé du potager. Les tomates finissent en beauté, les courgettes s'essoufflent, et on a tendance à considérer que la saison est jouée. C'est exactement le moment où trois heures de travail décident de ce que tu récolteras en octobre, en novembre — et même de la tête qu'aura ton sol au printemps prochain.

Voici ce qu'il y a à faire, dans l'ordre.

Libère les planches, mais pas n'importe comment

Les courgettes ont donné, les haricots aussi. La tentation est de tout arracher d'un coup pour « faire propre ». Résiste un peu.

Coupe les tiges au ras du sol au lieu de les arracher : les racines restent en terre, se décomposent sur place et laissent derrière elles un réseau de galeries qui aère le sol mieux que n'importe quelle grelinette. Pour les légumineuses (haricots, pois, fèves), c'est encore plus vrai — leurs nodosités contiennent l'azote qu'elles ont fixé pendant tout l'été. L'arracher, c'est le jeter.

Ce que tu retires vraiment : les plants malades. Un pied de tomate atteint de mildiou ne va pas au compost, il part avec les déchets verts. Le champignon passe l'hiver sans problème dans un tas mal chauffé.

Sème ce qui pousse encore

Il reste un vrai mois de croissance avant que les jours ne deviennent trop courts. La règle simple : en dessous de dix heures de lumière par jour, une plante n'agrandit plus, elle se conserve. Sous nos latitudes, ce seuil tombe début novembre. Tout ce que tu sèmes maintenant a donc six à huit semaines pour s'installer.

Les valeurs sûres de septembre :

Ne sème pas de carottes, de betteraves ou de fenouil : ils n'auront pas le temps.

Couvre le sol, toujours

Une planche nue en septembre, c'est trois problèmes qui arrivent : la battance (la pluie tasse la surface et forme une croûte), le lessivage (les nitrates partent vers la nappe), et les adventices qui s'installent gratuitement.

Deux solutions, à choisir selon ce que tu comptes faire de la planche au printemps.

Le mulch, si tu veux replanter tôt. Cinq à sept centimètres de feuilles mortes, de tontes séchées ou de paille. Simple, réversible, et tu retrouves une terre meuble en mars.

L'engrais vert, si la planche est libre jusqu'en avril. Sème avant le 20 septembre pour qu'il ait le temps de lever :

Ralentis l'arrosage, mais ne l'arrête pas

C'est l'erreur classique de septembre. Les nuits fraîchissent, on se dit que c'est bon — sauf que les journées sont encore chaudes et que l'évapotranspiration reste forte jusqu'à mi-septembre.

Passe d'un arrosage tous les deux jours à un arrosage tous les quatre ou cinq jours, mais garde le volume. Un arrosage copieux et espacé fait descendre les racines ; un arrosage court et fréquent les garde en surface, où elles souffriront au premier coup de chaud.

Arrose le matin. En septembre, l'humidité du soir ne sèche plus avant la nuit, et c'est exactement ce dont l'oïdium et le mildiou ont besoin.

Fais rentrer les dernières récoltes au bon moment

Les tomates qui ne rougiront plus : cueille-les vertes avant la première nuit sous 10 °C et laisse-les mûrir à l'intérieur, dans une cagette, avec une pomme au milieu (elle dégage de l'éthylène et accélère le mûrissement).

Les courges : attends que le pédoncule soit sec et liégeux, coupe en gardant cinq centimètres de tige, et laisse-les ressuyer une semaine au soleil avant de les rentrer. Une courge récoltée trop tôt ou sans son pédoncule pourrit en un mois au lieu de tenir jusqu'en février.

Les pommes de terre tardives : arrache par temps sec, laisse sécher deux heures au sol maximum (au-delà, elles verdissent), et stocke à l'obscurité entre 6 et 10 °C.

Prends dix minutes pour noter

C'est le geste que tout le monde saute et que tout le monde regrette en mars. Note, planche par planche : ce que tu as cultivé, ce qui a bien marché, ce qui a été malade, la variété exacte.

L'année prochaine, cette note te donnera ta rotation en trente secondes au lieu d'une demi-heure de reconstitution approximative. Si tu utilises Growi, le journal d'entretien le fait pour toi — chaque geste enregistré reste attaché à sa zone, et tu retrouves l'historique complet d'une planche d'un coup d'œil.

La check-list, en résumé

  1. Couper les plants finis au ras du sol, sortir les malades du circuit.
  2. Semer mâche, épinards, radis d'hiver et laitues avant le 20 du mois.
  3. Planter ail et oignons blancs à partir de fin septembre.
  4. Couvrir chaque planche libre : mulch ou engrais vert.
  5. Espacer les arrosages sans réduire les volumes, et passer au matin.
  6. Rentrer tomates vertes, courges et pommes de terre au bon stade.
  7. Noter ce qui s'est passé sur chaque planche.

Trois heures bien placées, et octobre devient un mois de récolte au lieu d'un mois de rangement.

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