EntretienAu fil des saisons

Rentrer ses plantes : le calendrier des premières fraîches

Trop tôt elles s'étiolent, trop tard elles gèlent. Le bon repère n'est pas la date, c'est la température de nuit.

5 min de lectureDan
Plantes en pot sur une terrasse au petit matin de fin d'été

Chaque année, la même scène : une nuit à 4 °C annoncée pour le lendemain, et une demi-heure à tout rentrer en catastrophe dans le garage. Résultat, des plantes qui perdent la moitié de leurs feuilles en deux semaines, et des cochenilles qui s'installent pour tout l'hiver.

Rentrer ses plantes, ça se prépare sur trois semaines. Voici comment.

Oublie la date, regarde le thermomètre de nuit

Il n'y a pas de « date pour rentrer les plantes ». Entre Lille et Antibes, il y a six semaines d'écart, et entre deux jardins de la même commune il peut y avoir trois degrés selon l'exposition et l'inertie des murs.

Le seul repère fiable, c'est la température minimale nocturne, et chaque plante a la sienne :

PlanteRentrer en dessous de
Basilic, plantes tropicales d'intérieur12 °C
Hibiscus, bougainvillier, dipladénia10 °C
Citronnier, oranger, autres agrumes5 °C
Laurier-rose, olivier, agapanthe2 °C
Géranium, fuchsia0 °C
Succulentes non rustiques0 °C (mais surtout au sec)

Concrètement : surveille les prévisions à 7 jours à partir de la mi-septembre. Dès qu'un minimum passe sous le seuil d'une plante, tu as ta date pour celle-là — pas pour les autres.

Si tu as renseigné ton adresse dans Growi, l'app connaît déjà tes minimales prévues et te prévient plante par plante, avec le seuil de chacune. C'est exactement le genre d'alerte pour lequel les notifications ont été faites.

Trois semaines avant : la quarantaine

C'est l'étape que presque personne ne fait, et c'est celle qui décide de l'hiver.

Une plante qui a passé l'été dehors ramène des passagers : cochenilles farineuses dans les aisselles, araignées rouges sous les feuilles, œufs d'aleurodes, parfois des fourmis dans le substrat. À l'intérieur, au chaud et au sec, ces populations explosent en trois semaines sans prédateur pour les réguler.

Le protocole, une quinzaine de jours avant la rentrée :

  1. Inspecte feuille par feuille, en particulier le dessous et les aisselles. Amas cotonneux blancs, points collants, très fines toiles : tu as quelque chose.
  2. Douche la plante entière au jet doux, dessus et dessous. Ça élimine mécaniquement une grande partie des acariens.
  3. Traite si nécessaire : savon noir dilué à 5 %, deux passages à huit jours d'intervalle. Le deuxième passage n'est pas facultatif, il vise les œufs éclos entre-temps.
  4. Change le premier centimètre de substrat en surface, où sont pondus la plupart des œufs.
  5. Isole les plantes rentrées à l'écart des plantes d'intérieur pendant deux semaines.

Une semaine avant : l'acclimatation lumineuse

Une terrasse ombragée reçoit encore dix fois plus de lumière qu'un intérieur bien éclairé. Passer de l'un à l'autre en une nuit, c'est garantir une chute massive de feuilles — la plante largue tout ce qu'elle ne peut plus alimenter.

Sur sept à dix jours, fais la transition par étapes : quelques heures à l'intérieur en journée, puis les nuits, puis à demeure. Et place-la d'abord au point le plus lumineux de la pièce, quitte à la déplacer ensuite.

Profite du déplacement pour :

Après la rentrée : arroser trois fois moins

C'est de loin la première cause de mortalité hivernale — bien avant le froid.

Moins de lumière et moins de chaleur, c'est une croissance quasi nulle et donc une consommation d'eau qui s'effondre. Une plante arrosée à son rythme d'été pourrit des racines en six semaines.

La règle : enfonce le doigt sur deux phalanges. Si c'est humide, tu n'arroses pas. Selon les espèces, ça revient à passer d'un arrosage hebdomadaire à un arrosage toutes les deux ou trois semaines.

Et arrête complètement l'engrais jusqu'en mars. Nourrir une plante qui ne pousse pas ne fait que saler son substrat.

Où les mettre, selon ce dont elles ont besoin

Toutes les plantes ne veulent pas du salon.

Pièce chauffée et lumineuse — les tropicales : monstera, ficus, calathéa, hibiscus. Attention au radiateur juste en dessous, qui assèche l'air à moins de 30 % d'humidité.

Pièce fraîche et lumineuse, 8 à 12 °C — agrumes, olivier, laurier-rose. Une véranda non chauffée ou une cage d'escalier font parfaitement l'affaire. Ces plantes ont besoin d'un repos au frais, un salon à 21 °C les épuise.

Local sombre et hors gel, 3 à 8 °C — les plantes qui perdent leurs feuilles et dorment vraiment : fuchsia, géranium, dahlia et canna en racines nues. Un garage suffit, avec un arrosage très léger une fois par mois pour que les racines ne se dessèchent pas complètement.

En résumé

Une plante bien préparée ressort en avril plus vigoureuse qu'elle n'est rentrée. Une plante rentrée en catastrophe met tout le printemps à s'en remettre.

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