Oïdium, mildiou, rouille : reconnaître les trois maladies de fin d'été
Trois champignons, trois signatures visuelles, trois réponses différentes. Apprends à les distinguer en dix secondes.

Août et septembre sont les deux mois où les champignons prennent le jardin. Journées chaudes, nuits humides, rosée qui s'attarde jusqu'à neuf heures du matin : les conditions idéales.
Le problème, c'est qu'on traite souvent au jugé. « Des taches sur les feuilles » n'est pas un diagnostic, et le mauvais traitement fait perdre les deux semaines pendant lesquelles on aurait encore pu sauver la plante. Voici comment trancher vite.
Le test des dix secondes
Retourne une feuille atteinte et regarde ce que tu as sous les yeux.
| Ce que tu vois | Maladie | Se rince au doigt ? |
|---|---|---|
| Poudre blanche en surface, comme de la farine | Oïdium | Oui |
| Tache huileuse dessus, duvet gris-violet dessous | Mildiou | Non |
| Petites pustules orange ou brunes en relief | Rouille | Non, ça tache les doigts |
Ce seul geste élimine 90 % des confusions. Le reste, c'est du contexte.
L'oïdium : le plus visible, le moins grave
Tu le reconnais immédiatement : un feutrage blanc poudreux sur le dessus des feuilles, qui part si tu frottes. Il attaque les courgettes, les concombres, les rosiers, la vigne, les asters.
Contre-intuitivement, l'oïdium n'aime pas l'eau libre sur les feuilles — il lui faut de l'humidité de l'air et une plante en léger stress hydrique. C'est pour ça qu'il explose sur une courgette qu'on a laissé sécher pendant une semaine de canicule.
Ce qu'il faut faire :
- Coupe et sors les feuilles les plus atteintes, sans dégarnir la plante (elle a besoin de photosynthèse pour se défendre).
- Aère : supprime les feuilles du centre qui empêchent l'air de circuler.
- Régularise l'arrosage, au pied, le matin.
- Si tu traites : bicarbonate de soude, 5 g par litre d'eau avec une goutte de savon noir, en pulvérisation tous les huit jours. Le soufre mouillable fonctionne aussi, mais pas au-dessus de 28 °C — il brûle le feuillage.
Une courgette oïdiée en août produit encore. Ne l'arrache pas.
Le mildiou : le plus rapide, le plus destructeur
Une tache brune un peu translucide, comme si la feuille avait pris de l'huile, souvent bordée d'un halo jaune. Retourne-la : un duvet gris-violet, fin, sur la face inférieure. Ça ne part pas au doigt.
Le mildiou est un pseudo-champignon qui a besoin d'eau liquide sur la feuille pendant plusieurs heures d'affilée, à des températures entre 15 et 25 °C. Une nuit humide suivie d'une matinée douce, et la contamination est faite. De la tache initiale à un pied de tomate perdu, il peut se passer huit jours.
Ce qu'il faut faire, tout de suite :
- Supprime chaque feuille atteinte, et les deux voisines. Sors-les du jardin — pas au compost.
- Si la tige est marquée (tache brune qui ceinture), le pied est perdu : arrache-le entier.
- Arrête tout arrosage sur le feuillage, définitivement.
- Effeuille le bas du plant sur 30 cm pour couper le pont entre le sol et les feuilles.
- Bouillie bordelaise en préventif sur les pieds sains voisins, en respectant les doses — le cuivre s'accumule dans le sol et n'est pas anodin.
La rouille : la plus discrète
De petites pustules en relief, orange vif à brun-rouille, surtout sur la face inférieure. Passe le doigt dessus : tu ressors avec une poudre orangée. Elle touche les rosiers, les poireaux, l'ail, les haricots, les groseilliers, les roses trémières.
Elle progresse lentement et tue rarement une plante installée, mais elle l'épuise : une plante rouillée deux étés de suite fleurit et produit nettement moins.
Ce qu'il faut faire :
- Ramasse toutes les feuilles tombées au pied. C'est là que le champignon passe l'hiver, et c'est de là que repartira la contamination au printemps. Ce geste seul règle la moitié du problème.
- Coupe les feuilles les plus atteintes.
- Espace les plants l'année suivante — la rouille est d'abord une maladie de densité.
- En traitement doux : décoction de prêle en préventif, dès le printemps suivant.
Ce qui marche mieux que tous les traitements
Les trois maladies partagent les mêmes leviers de prévention, et ils sont plus efficaces que n'importe quelle pulvérisation :
Arroser au pied, le matin. Une feuille qui sèche avant midi n'est pas contaminable. C'est la mesure la plus rentable du jardin.
Espacer. La plupart des jardiniers plantent 30 % trop dense. L'air qui circule fait sécher, et ce qui sèche ne s'infecte pas.
Tourner. Ne remets pas de tomates là où il y avait des tomates, ni de poireaux là où il y avait de l'ail. Trois ans d'intervalle, c'est la règle.
Sortir le malade. Ni compost, ni tas en fond de jardin. Les spores survivent très bien à un compost domestique, qui ne monte jamais assez haut en température.
Choisir des variétés résistantes. Sur tomate, les hybrides marqués HR (haute résistance) au mildiou changent radicalement la donne en climat humide.
En cas de doute
Photographie la feuille, dessus et dessous, en lumière naturelle et de près. Le diagnostic tient presque toujours à un détail qu'on ne voit pas à l'œil nu — la texture exacte du duvet, la présence d'un halo.
C'est précisément ce que fait le diagnostic photo de Growi : tu prends la feuille en photo, l'app identifie la plante, propose le diagnostic le plus probable et te donne le protocole adapté à ta région et à la météo des prochains jours. Parce que traiter à la veille de trois jours de pluie ne sert à rien.
